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Ballades

La ballade est un chef-d’œuvre à grande échelle. C’est une forme de musique que Chopin, lui-même, a inventée. C’est ainsi que c’est une application exceptionnelle de son talent. En passant par le caractère expressif de la musique, Chopin a communiqué des émotions de chaque extrême. Il a utilisé sa technique lyrique et structurelle afin de créer une forme de musique très puissante. Les ballades marquent le sommet de son développement musical.

Une ballade de Chopin commence habituellement avec une belle mélodie lyrique. La nature de la musique devient ensuite plus mélancolique ; la mélodie est ainsi grandement développée. Le même matériel éprouve une variété de transformations, tandis que l’humeur de la pièce change—parfois brusquement—d’allégresse à tristesse, de rage à résistance. Ce sont des pièces communes parmi les répertoires des pianistes modernes.

Ballade n° 1 en sol mineur, op. 23

James Huneker appela ce récit « l’odyssée de l’âme de Chopin. » Chopin a commencé sa première ballade à Vienne et l’a terminée à Paris en 1836. Il l’a dédiée à Monsieur le Baron de Stockhausen, l’ambassadeur hanovrien de France. Cette pièce est un chef-d’œuvre rutilant. Le thème merveilleux et lyrique, exposé en trois formes, est enivrant. L’œuvre termine avec une coda de puissance énorme, culminant avec un passage de gamme chromatique en octaves qui descend le clavier. C’est assez pour exciter tous les auditeurs.

Le premier thème est entendu de nouveau et, avec un grondement perpendiculaire, le presto suit. Pour deux pages, l’énergie dynamique présentée par le compositeur est presque surprenante. Je l’ai autrefois nommé un tourbillon. C’est une tempête d’émotions, musculaire avec sa virilité. Je me souviens que Pachmann—interprète précis de Chopin—joua la coda piano, pianissimo et prestissimo. L’effet était étrangement irritant aux nerfs et ça me rappela une tornade, vue du mauvais côté des jumelles de théâtre. D’après lui, le virtuose russe avait raison : sa force n’était pas assez grande pour la tâche et il imita donc Chopin, comme il mit tout au sens dessus dessous. Ça rappela la description de Moscheles au sujet de Chopin : « Son piano est si délicatement poussé par en avant qu’il n’a besoin d’aucune forte afin de produire le contrast désiré. »
- James Huneker

Ballade n° 2 en fa majeur, op. 38

Robert Schumann dédia sa Kreisleriana (op. 16) à Chopin. Afin de retourner l’honneur, Chopin dédia sa deuxième ballade à son camarade allemand. Il l’a composée à Majorque en 1838. Une œuvre de proportion exacte, ça commence avec une péripétie lente et magique. Ensuite, ça devient prestement une tempête, presto con fuoco, qui est une explosion magnifique. Alan Rawsthorne, compositeur, dit que, à la fin de la coda, le thème andantino devient « un rappel chuchoté du commencement qui vibre dans la mémoire. »

Ballade n° 3 en la bémol majeur, op. 47

Chopin a composé sa troisième ballade en 1841 ; il l’a dédiée à Mademoiselle Pauline de Noailles. Cette pièce est l’essentiel de la grâce et de la chaleur, avec un sens d’ironie qui encadre la deuxième personne du singulier. Frederick Niecks, le premier biographe de Chopin, a dit que « l’excitation frémit à travers de la pièce… Il y a une élégance exquise qui envahit l’œuvre. » La deuxième personne, mince et faible, devient une section de développement, « qui est une des plus puissantes que Chopin a composées, » dit Rawsthorne ; « on est stupéfié d’entendre ses origines charmantes. » La coda, il continue, fini avec « une flambée de lumière. »

Ballade n° 4 en fa mineur, op. 52

Chopin a composé la quatrième ballade en 1842. Il l’a dédiée à Madame la Baronne C. Nathaniel de Rotschild. C’est une œuvre suprême de la musique romantique. Pour John Ogdon, c’est « une pièce intense qui est la plus exaltée et la plus puissante de toutes les compositions de Chopin… C’est incroyable que ça ne dure que douze minutes, parce que ça contient les expériences d’une vie. » Huneker appelle le thème « une mélodie qui explore les cachettes de l’âme. » Il la compare à la Mona Lisa de da Vinci, tandis que Ogdon parle au sujet de The Last Tycoon par F. Scott Fitzgerald. Il nous invite à la « communion romantique d’intensité incroyable. »

La quatrième ballade est un récit, mais elle a un sentiment d’intimité et de couleur slave. La pièce demande beaucoup de l’interprète : un rubato léger et une technique de virtuose. Elle culmine avec une coda de technique rigoureuse.
Œuvre :  Ballades : 
Genre de média :  Musique en feuilles Fichier MIDI

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Cette page fut mise à jour le 2007-08-11.